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26.09.2007
Pourquoi le patronat réclame la fusion :
L’Agence Nationale pour l’Emploi dérange. Globalement, les employeurs ne l’aiment pas, même s’ils l’utilisent. Bien sûr on trouvera toujours des exceptions et on pourra toujours réaliser des enquêtes qui prétendront le contraire.
Mais globalement, les employeurs ne l’aiment pas. Ce qu’ils lui reprochent principalement est qu’elle n’est pas exclusivement à leur service. De leur point de vue, l’ANPE n’a pas d’autre utilité que de leur fournir de la main d’œuvre au meilleur rapport qualité-prix. Soit une qualité élevée pour les prix les plus bas : des techniciens supérieurs payés au SMIC.
Plus il y a de candidats par poste à pourvoir, plus il est facile de faire accepter des bas salaires, des mauvaises conditions de travail, voire des heures gratuites. Les petits et moyens entrepreneurs, se faisant entre eux une concurrence acharnée (le plus souvent pour le plus grand bénéfice de quelques donneurs d’ordre) trouvent normal de répercuter cette concurrence sur les salariés, et en premier lieu sur les candidats à l’embauche.
Pour que le système perdure et continue a dégrader les conditions de salaires et de travail de l’essentiel de la population active, il est essentiel de mettre en place un système coercitif obligeant la main d’œuvre disponible à se porter massivement candidate sur les postes les plus pénibles et les plus mal payés. Depuis dix ans les conditions de vie des ouvriers (le plus souvent en intérim) et des employés, des personnels d’exécution en général, se sont détériorées dans des proportions inimaginables pour ceux qui ne les vivent pas ou à tout le moins pour ceux qui ne veulent pas savoir.
Est c’est là que du point de vue des employeurs, l’ANPE, telle qu’elle existe est défaillante. Ils trouvent que les salariés de l’ANPE, agents contractuels de l’Etat, ne sont pas assez sévères avec les demandeurs d’emploi.
En d’autres termes, qu’ils ne contribuent pas assez à la baisse des salaires et à la dégradation des conditions de travail.
Pour que ça change, il est nécessaire qu’ils passent directement sous la coupe des organisations patronales (on aura noté dans le discours présidentiel la mention concernant la nécessité de la présence des "partenaires sociaux"). Le lien est d’ailleurs explicite dans ce discours présidentiel puisque l’annonce de la fusion ANPE-UNEDIC est suivie immédiatement de l’annonce du renforcement des mesures anti-chômeurs.
Tout le sens du projet de fusion ANPE-UNEDIC est, non seulement de pousser vers le privé un service public de plus, mais surtout de changer complètement sa nature en le mettant complètement au service d’intérêts privés absolument contraires à l’intérêt général.
L’enthousiasme patronal n’a rien d’étonnant. Une des revendications de longue date des employeurs trouve satisfaction dans ce discours-programme présidentiel. Les plus grands perdants dans cette affaire seront les salariés dans leur ensemble, soit 90% de la population active.
Bien sûr, la propagande patronale, reprise soir et matin sur les grands médias, cherchera comme d’habitude à opposer ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas, ou qui n’en ont plus. Bien sûr, ils parleront de « bon sens », de simplification administrative.
Mais la bataille n’est pas perdue. A nous d’expliquer, de montrer les véritables enjeux de cette affaire. De mettre en évidence les véritables enjeux de cette fusion annoncée. Si l’ensemble des salariés et de leurs organisations syndicales saisissent ces enjeux, le patronat et le gouvernement reculeront sur ce dossier comme sur d’autres.
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